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Intro de l'article "La canonisation de Jean-Paul II :

 une si grande contradiction" (He XII, 3)

 

 

        Saint Paul emploie cette formule pour décrire la Passion et la mort de Jésus-Christ sur la croix, et par-là il veut signifier que la contradiction endurée par Notre-Seigneur et Sauveur fut alors telle qu'elle ne peut pas même être conçue par l'homme. "Considérez celui qui a supporté contre sa personne une SI GRANDE CONTRADICTION de la part des pécheurs".

        Cette même "si grande contradiction" se retrouve évidemment dans l'Église, Épouse du Christ, lorsqu'elle a elle-même à vivre et mourir sa propre et personnelle Passion, que Dieu veut pour elle aux fins supérieures de la rendre co-Rédemptrice ; et cette dite Passion, l'Épouse du Christ la vit et la meurt de nos jours, spécialement depuis Vatican II.

        Or, cette "si grande contradiction", dorénavant lot ordinaire et quotidien de l'Église, est marquée comme peut-être elle ne l'a encore jamais été autant depuis qu'elle vit et meurt la Passion du Christ, dans la canonisation de Jean-Paul II.

        Si l'on veut encore bien prendre la mesure des choses, cet évènement ecclésial est en effet, pour toute âme catholique, inouï, renversant, bouleversant, presque impensable.

        Considérons en effet que le Magistère pontifical de Jean-Paul II, au for public, est entaché de manière multiforme et universelle non pas seulement par l'hérésie, mais par la dernière hérésie qui à la fois les récapitule et les dépasse toutes, c'est-à-dire celle que prêchera l'Antéchrist aux foules lorsqu'il viendra en ce monde pour clore l'iniquité des Temps, par son règne de malédiction. Cette hérésie dernière consiste en la déification de l'homme en tant qu'homme, de tout homme et de tout dans l'homme, en apostasiant complètement le Dieu réel et transcendant, Père, Fils & Saint-Esprit. Or, ceci est LE message majeur et récurent de Jean-Paul II dans tout son Magistère pontifical. En fait, il est trop vrai de dire que Jean-Paul II fut une matière d'Antéchrist sur le Siège de Pierre, magistériellement parlant. La figure scripturaire de "l'agneau à la voix de dragon" (Apoc. XIII, 11) prend en lui une terrible et singulièrement concrète illustration.

        ... Et cependant, Jean-Paul II est saint en son for privé (la bulle du pape François, dotée de soi de l'infaillibilité, nous fait formelle obligation de le croire, de fide). Extrêmement contradictoirement, donc, à son for public, de soi antéchristique.

        La "si grande contradiction" ne saurait être plus marquée, en vérité. La première question qui vient à l'esprit catholique, est : la chose est-elle possible ? Est-ce qu'un des deux attendus qui confectionne l'insupportable contradiction (que, il est bon de se le rappeler, n'ont pas pu supporter onze Apôtres sur douze lorsqu'ils l'ont vue dans Jésus vivant sa Passion), n'est pas erroné, ce qui supprimerait ladite contradiction ? Mais alors... lequel des deux ? Est-ce le Magistère de Jean-Paul II qui n'est pas aussi hérétique que certains le disent, encore moins antéchristique, cette vision des choses n'étant qu'affabulation d'intégristes coincés ne comprenant rien à rien ? Ou alors, est-ce la bulle de canonisation de François qui est nulle et non-avenue, soit parce que François n'est pas pape, soit parce que sa bulle de canonisation est, théologiquement ou canoniquement, défectueuse ?

        Or bien, il appert de l'étude approfondie des choses tout-à-fait renversantes de la canonisation de Jean-Paul II, que lesdits attendus sont tous les deux bel et bien réels et vrais : 1/ le Magistère pontifical de Jean-Paul II est au for public complètement antéchristique (c'est bien pire qu'être seulement hérétique) ; 2/ et la bulle de canonisation dudit Jean-Paul II est tout ce qu'il y a de plus canonique, théologiquement parfaite, indubitablement valide. Ce qui signifie pour la fin de la fin, que la "si grande contradiction" ne peut être... supprimée.

        Ce qui du reste ne saurait surprendre l'âme spirituelle qui a compris que l'Église contemporaine est en train de vivre et mourir sa propre et personnelle PASSION...

        Cet article (qui, au fil de sa rédaction, est devenu un livre, tellement le sujet est grave et difficile, impossible à traiter sans mettre le soc de charrue très-profond), a pour but d'exposer cette "si grande contradiction" qu'est la canonisation de Jean-Paul II dans le cadre surnaturel de notre Église contemporaine vivant et mourant la Passion du Christ. Tant il est important que le catholique rende compte de sa Foi, à toute heure et sur toutes choses, et d'abord... à sa propre âme.

        Cet article-livre répondra en profondeur, notamment aux questions suivantes :

        La "si grande contradiction" qu'on constate en Jean-Paul II lui est-elle personnelle, ou bien doit-on considérer qu'elle regarde, avant sa personne, toute l'Église à travers lui ? Par exemple, l'enténèbrement qu'on constate si bien dans son esprit n'est-il pas aussi celui de toute l'Église depuis Vatican II ? Une Église qui, cependant, est toujours... Église ?

        Mais comment toute une génération ecclésiale donnée, pape à sa tête, celle de Vatican II, a-t-elle bien pu être aussi complètement plongée dans la "si grande contradiction" doctrinale entre ce que Paul VI appelait judicieusement "la religion de l'homme qui se fait dieu" et "la Religion du Dieu qui s'est fait homme" ?

        Est-ce que la pratique concordataire pontificale initiée par le pape Pie VII dans l'Église dès après la Révolution, en 1801, avec les puissances politiques post-révolutionnaires constitutionnellement athées, ne serait pas ce vecteur premier que l'on recherche, quant à la pénétration de l'abomination de la désolation dans le Lieu-Saint qui éclate si affreusement à Vatican II, et qui génère par-là même la "si grande contradiction" constatée ?

        Tous les papes du XIXème siècle et du début XXème, en ce compris les plus saints tel Pie IX ou Pie X, n'ont-ils pas eux aussi, tu quoque filii, relayé peu ou prou, pour leur part pontificale personnelle, cette abomination hérétique et même pire, antéchristique, de traiter concordatairement avec des gouvernements et pouvoirs politiques constitutionnellement... athées ? Mais n'était-ce pas, par-là même, reconnaître auxdits pouvoirs d'iniquités post-révolutionnaires qu'un Louis Veuillot appelait "les filles de Babylone", une existence métaphysique incluant légitimité et validité ? À cause même de la structure juridique de tout concordat, traité diplomatique solennel, de soi synallagmatique, qui présuppose formellement que tout co-contractant concordataire est obligatoirement un pouvoir politique de droit ? Or, réputer aux républiques post-révolutionnaires constitutionnellement athées d'être des pouvoirs politiques de droit, n'était-ce pas faire pénétrer ipso-facto l'esprit de l'Antéchrist dans l'Église ? Rien que par la signature pontificale concordataire ? Faire pénétrer cet esprit de l'Antéchrist dans les Mœurs de l'Église pour commencer, par le biais du Politique constitutionnel, donc dès 1801 ? Ce qui aurait pour effet majeur de pervertir insidieusement la Foi pendant un bon siècle et demi, la corruption se transvasant tout naturellement des Mœurs dans la Foi par graduations insensibles, l'abcès en crevant affreusement à Vatican II en 1965 ?

        Et tout cela, de par la Providence divine, qui ordonne ainsi en Cause première derrière les causes secondes, la mise de l'Église dans l'économie de la Passion, qui inclut d'être soumise à "l'heure et la puissance des ténèbres" ?

        Tout bien considéré, le péché pontifical de passer concordat avec des États constitutionnellement athées, ne serait-il pas plus grand devant le Trône de Dieu, que le péché pontifical de Vatican II, qui n'en est que subséquence, conséquence inéluctables ? Pourquoi certains romains contemporains de Pie VII, après la signature du concordat napoléonien, ont-ils pensé qu'il avait "perdu la Foi" ? Joseph de Maistre allant même jusqu'à souhaiter... sa mort ?

        Mais cependant, la sainteté au for privé de tous ces papes, à tout le moins leur innocence, eux qui pourtant furent les courroies de transmission de la pensée antéchristique dans l'Église qui va éclater à Vatican II, n'est-elle pas aussi indéniable que... la sainteté au for privé de Jean-Paul II... que nous devons croire de Foi depuis la bulle de canonisation de François ? Et n'est-ce pas cela, justement la "si grande contradiction" où est plongée l'Église vivant et mourant sa Passion ? Car tous ces papes entre le Pie VII du Concordat et le Paul VI de Vatican II, n'agirent-ils pas magistériellement, c'est-à-dire in Persona Ecclesiae ?

        Est-ce que la thèse sédévacantiste peut aider à résoudre la "si grande contradiction" de l'Église vivant et mourant de nos jours sa propre et personnelle Passion ? Peut-on dire que François et Jean-Paul II avant lui, n'étaient pas papes, ce qui résoudrait tout (ouf) ? Mais le sédévacantiste, pour fuir la Femme légitime qui est la vérité ecclésiale de notre temps, c'est-à-dire "LA PASSION DE L'ÉGLISE", ne ressemble-t-il pas à une femme de mauvaise vie qui fait la "retape" dès potron-minet sur le parvis extérieur de l'Église, pour séduire les catholiques et les entraîner dans une voie schismatico-hérétique stérile, sectaire, obscurantiste et mortelle, autant que... le progressisme l'est de son côté ?

        Faut-il parler des "initiés-infiltrés-comploteurs", des ennemis à l'extérieur de l'Église, extra muros, pour expliquer cet enténèbrement contemporain de l'Église, ou bien sont-ce des "ennemis" de l'intérieur au plus haut sommet, intra muros, c'est-à-dire la papauté elle-même, qui sont le vecteur principal de la pénétration antéchristique dans l'Église ? Que penser par exemple des Noëls de guerre 1939-45 du pape Pie XII ? Ces Noëls démocrato-onusiens ont-ils été une cheville ouvrière capitale pour la promotion antéchristique de ce que Jean-Paul II appellera plus tard de son côté "la civilisation de l'amour" ?

        Que faut-il penser des histoires maçonniques de Nubius et Volpe pour subvertir le Siège de Pierre ? Que valent-elles ?

        Jean-Paul II serait-il un "saint extraordinaire" ou plus modestement un "saint ordinaire", ce qui est seulement synonyme de "sauvé" ?

        Que vaut le miracle arrivé à la petite Sœur Marie-Simon Pierre ? Peut-on trouver quelque chose d'inauthentique dans ce miracle pour l'invalider ? Ou alors, est-il d'une grande pureté et beauté, absolument vrai et authentique ? Mais... au préalable : un "saint ordinaire" peut-il faire des miracles ?

        La thèse de l'enténèbrement de l'Église et de ses chefs les papes, n'a-t-elle pas été condamnée par les papes dans les jansénistes au XVIIIème siècle ? Cette condamnation ne rejaillit-elle point automatiquement sur la thèse actuelle de "LA PASSION DE L'ÉGLISE" qui inclue que l'Église contemporaine est sous "la puissance des ténèbres" ?

        Le seul dénouement inéluctable de la Passion de l'Église que nous vivons et mourons à la fois en nos terribles et affreux jours, n'est-il pas, préface négative, sa prochaine mort sous le règne de l'Antéchrist ? Et n'est-ce pas ce qui désormais nous attend de plus sûr ? Avant certes, postface positive générée par la Parousie, la glorification de l'Église dans le Règne de la Gloire du Christ, une fois ressuscitée en co-Rédemptrice dans le Millenium ?

        Réponses à toutes ces questions fondamentales et à une foule d'autres, sans fard ni pommade ecclésiastiques, ni gomina parfumée à l'encens, sourires spirituellement plaqués, cheveux ascétiquement laqués, dans cet article-livre dédié à "Jésus-Christ, mon Sauveur et le vôtre", qui vous dit la Vérité en vérité comme nulle part ailleurs vous ne pourrez, et il s'en faut extrêmement, la trouver........................................