L'erreur profonde de Benoît XVI... et de Sandro Magister ; ou la non-herméneutique de continuité de Vatican II avec le Dogme catholique (2)

       

        (Pour mémoire, je mets ici le lien de la 1ère partie de mon article, à lire évidemment avant cette présente partie deuxième & dernière :

        http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/l-erreur-profonde-de-benoit-xvi-et-de-sandro-magister-ou-la-non-hermeneutique-de-continuite-de-vatican-ii-avec-le-dogme-catholique-1?Itemid=483).

 

 

L'erreur profonde de Benoît XVI... et de Sandro Magister ;

ou la non-herméneutique de continuité de Vatican II

avec le dogme catholique

(2)

 

        ["Paul VI, dans son discours lors de la clôture du Concile, a ensuite indiqué une autre motivation spécifique pour laquelle une herméneutique de la discontinuité pourrait sembler convaincante. Dans le grand débat sur l'homme, qui caractérise le temps moderne, le Concile devait se consacrer en particulier au thème de l'anthropologie. Il devait s'interroger sur le rapport entre l'Église et sa foi, d'une part, et l'homme et le monde d'aujourd'hui, d'autre part (ibid. pp. 1066, sq). La question devient encore plus claire, si, au lieu du terme générique de «monde d'aujourd'hui», nous en choisissons un autre plus précis : le Concile devait définir de façon nouvelle le rapport entre l'Église et l'époque moderne"].

        [Effectivement, c'était exactement la tâche que devait remplir Vatican II : présenter la Foi à l'homme d'aujourd'hui. Mais... quel est-il, cet homme d'aujourd'hui ? En quel état spirituel est-il devant Dieu ? Or, la réponse à cette question est très-mal vue par les modernes, parmi lesquels on va voir se ranger le pape Benoît. Nous allons maintenant rentrer au cœur du problème théologique de notre temps, certes passionnant mais fort délicat, qui consiste beaucoup plus dans l'anthropocentrisme que dans l'anthropologie. Car la question est en effet beaucoup moins anthropologique (= qui a trait à la science de l'homme) comme le formule Benoît XVI, qu'anthropocentrique (= qui ramène tout à l'homme)].

       

        Or donc,  qu'est-ce qui caractérise essentiellement ce qu'on appelle l'époque moderne ? Tout d'abord, bien la situer dans le Temps et l'Histoire : l'époque moderne est celle qui suit immédiatement la Révolution française de 1789, qui en est la mère génitrice, laquelle Révolution a changé l'univers entier in radice par son nouveau concept de vouloir que tout criterium épistémologique dérivât désormais absolument de l'homme à l'exclusion formelle de tout ce qui n'est pas lui, et ne dérivât plus du tout de Dieu, et ce, dans tous les domaines. Or, la thèse de Benoît XVI et de tous les modernes derrière lui, est de poser que Vatican II a dûment su faire l'application du Dépôt révélé à cet homme qui se prend désormais pour l'étalon-or de toutes choses. Malheureusement, c'est totalement faux. La vérité vraie en vérité, c'est que l'Église s'est fait complètement et absolument subvertir par cet homme moderne qui prétend vivre en autonomie complète par rapport à Dieu autant surnaturellement que naturellement, et que donc, pour reprendre les termes de Benoît XVI quant à Vatican II, "l'herméneutique de la discontinuité est convaincante".

        Et ce n'est pas de Vatican II que date cette subversion. L'Église s'est fait subvertir tout d'abord dans ses Mœurs, auxquelles sont inhérentes les choses de la Politique constitutionnelle, par le concordat napoléonien (1801), ainsi que je l'ai expliqué très-soigneusement dans la trilogie de mon précédent article Les Mœurs ecclésiales concordataires avec les États modernes athées sont la cause première de "la crise de l'Église" ; la subversion de la Foi à Vatican II n'en est que le fruit pourri (cf. http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/les-moeurs-ecclesiales-concordataires-avec-les-etats-modernes-athees-sont-la-cause-premiere-de-la-crise-de-l-eglise-la-subversion-de-la-foi-a-vatican-ii-n-en-est-que-le-fruit-pourri-1?Itemid=483), puis, ensuite, plus d'un siècle et demi après s'être fait subvertir dans ses Mœurs, la Foi restant cependant contradictoirement (et miraculeusement) sauve pendant tout le XIXème siècle et le début du XXème, la subversion de la Foi a fini par suivre celle des Mœurs, par une dynamique du mal des plus logiques, et ce fut le concile moderne, Vatican II, qui l'enregistra un peu après le milieu du XXème siècle. Vatican II, aux antipodes absolus d'avoir été une bonne adaptation de la Foi à l'époque moderne, a été tout au contraire la finalisation dans la Foi de la subversion totale de l'Église commencée par les Mœurs un siècle et demi auparavant avec le concordat napoléonien, dès l'immédiat sortir de la période révolutionnaire.

        Mais je reprends maintenant le Discours de Benoît XVI pour, comme je l'ai promis, le suivre au plus près. Depuis la Révolution française donc, l'homme a tout ramené à lui, y compris et même surtout Dieu et la Religion. Il se fait explicitement, à la Face de Dieu, l'étalon-or de toutes choses, il veut que le primat de la connaissance en toutes choses, c'est en lui qu'il réside et en lui seul. Cela est-il compatible avec la Foi catholique et la Révélation ? Bien sûr que non, et le pape Benoît semble, dans un premier temps, prendre sans difficulté bon acte de cette incompatibilité formelle entre, pour employer la célèbre expression du pape Paul VI dans son discours de clôture du concile moderne, l'homme qui se fait Dieu et le Dieu qui s'est fait homme : ce rapport entre l'Église et l'époque moderne, dit Benoît XVI, s'est "totalement rompu (...) lorsque, dans la phase radicale de la Révolution française, se répandit une image de l'État et de l'homme qui ne voulait pratiquement plus accorder aucun espace à l'Église et à la foi. L'opposition de la foi de l'Église avec un libéralisme radical, (...) dans l'intention bien déterminée de rendre superflue «l'hypothèse de Dieu», avait provoqué de la part de l'Église, au XIX siècle, sous Pie IX, des condamnations sévères et radicales de cet esprit de l'époque moderne".

        Le pape Benoît prend donc bien conscience de l'antinomie doctrinale viscérale, formelle et irréductible, qui existe entre l'homme de la Révolution basant son être et sa vie sur "les droits de l'homme" d'une part, et Dieu d'autre part. Le problème, c'est qu'il va s'imaginer phantasmatiquement, en compagnie d'une multitude innombrable d'âmes illusionnées, par une pensée sous-tendue par des idées modernistes et aussi par un irénisme utopique pseudo-millénariste, que cette irréductibilité des principes entre l'homme moderne qui se fait Dieu à la Révolution française et le Dieu qui s'est fait homme en Jésus-Christ, va néanmoins petit à petit s'estomper positivement, ... on se demande bien par quelle miraculeuse dynamique surnaturelle ou plutôt par quelle grâce de conversion...!?!, dès à partir de la fin du XIXème siècle, avec une accélération du gommage entre les principes contraires professés par l'Église et par l'homme moderne, plus le temps avance, jusqu'à, veut-il croire sans en apporter la moindre preuve, supprimer, ... ô miracle des miracles !!, la radicalité de l'antinomie de principe entre l'homme qui se fait Dieu et le Dieu qui s'est fait homme. Et alors, et alors, ... ô merveille des merveilles !, il sera possible d'envisager un concordat spirituel avec cet homme moderne, ce qui sera fait à Vatican II...

        Écoutons-le à nouveau, notre grand rêveur de pape Benoît, en train d'épancher ses illusions complètement surréalistes dans les cœurs de ses cardinaux à la veille de Noël 2005 : "Apparemment, il n'existait donc plus [après la Révolution] aucun espace possible pour une entente positive et fructueuse, et les refus de la part de ceux qui se sentaient les représentants de l'époque moderne étaient également énergiques. Entre temps, toutefois, l'époque moderne avait elle aussi connu des développements [...?]. On se rendait compte que la révolution américaine avait offert un modèle d'État moderne différent [!!] de celui théorisé par les tendances radicales apparues dans la seconde phase de la Révolution française. (...) Ainsi, les deux parties commençaient progressivement à s'ouvrir l'une à l'autre [...!!!]. Dans la période entre les deux guerres mondiales et plus encore après la Seconde Guerre mondiale, des hommes d'État catholiques avaient démontré qu'il peut exister un État moderne laïc, qui toutefois, n'est pas neutre en ce qui concerne les valeurs, mais qui vit en puisant aux grandes sources éthiques ouvertes par le christianisme. La doctrine sociale catholique, qui se développait peu à peu, était devenue un modèle important entre le libéralisme radical et la théorie marxiste de l'État".

        Nous sommes là en plein rêve irénique, utopique, les psychiatres parleraient de délire constructionnel : Benoît XVI, avec tous les modernes derrière lui, s'inventent ex nihilo une réalité QUI N'EXISTE PAS, QUI N'EXISTE QUE DANS LEUR TÊTE. Pour en rester à la question politique constitutionnelle, la vérité c'est qu'il n'y a strictement nulle différence de principe entre les pires constitutions républicaines de la période purement et durement révolutionnaire de 1789-1798, et celles des républiques-démocraties post-révolutionnaires européennes qui les ont suivies jusqu'à nos jours : toutes, de 1789 à... 2020, sont rigoureusement basées identiquement et conceptuellement sur les fameux et antichristiques "droits de l'homme" non seulement a-Dieu mais anti-Dieu, comme basant le droit de l'homme, privé ou public, en autonomie cartésienne radicale par rapport à Dieu. Il n'y a strictement rien à prendre de positif dans l'entre-deux guerres ni non plus après la seconde guerre mondiale quant à un soi-disant gommage du caractère athée radical dans les principes constitutionnels des sociétés post-révolutionnaires modernes, comme veut le croire Benoît XVI.

        Voyez par exemple le fondement athée constitutionnel de la Vème République française en 1958, actuellement en vigueur : "PRÉAMBULE. ― Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789. (...) ARTICLE PREMIER. ― La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances". C'est, comme on peut s'en rendre compte, juste du copier-coller de 1789, ni pire ni, surtout, mieux...! Car en effet, autant en 1789 qu'en 1958 et en 2020, le prétendu respect constitutionnel des religions par la République, la vraie bien entendu mélangée aux fausses, est donné à l'homme... par l'homme, et non par Dieu, un Dieu saintement jaloux de notre salut qui ne veut pour l'homme que le respect de la vraie Religion, par amour de son salut même ! Nous sommes là, remarquons-le avec soin, en plein dans la doctrine de la... Liberté religieuse, que les Pères modernes de l'Église ne vont pas pouvoir ne pas adopter, après s'être concordatairement prostitués aux républiques-démocraties modernes qu'un Louis Veuillot appelait si justement les filles de Babylone. Retenons seulement pour l'instant que, contrairement aux imaginations de Benoît XVI, la virulence des principes constitutionnellement athées des sociétés politiques modernes, est la même dans les pires gouvernements de la période révolutionnaire elle-même que dans nos gouvernements post-révolutionnaires les plus actuels.

        Rien ne le fait mieux comprendre que la réaction instinctive de l'ancien président de la République française v. 5.0., Jacques Chirac, qui s'était écrié, en tant que gardien de la République, lors des manifestations anti-avortements qui avaient fait quelque bruit sous son mandat (rappelez-vous : certains chrétiens édifiants, derrière le docteur Dor, s'enchaînaient aux billards des avortoirs pour empêcher les avortements...) : "Il y a danger dans ces manifestations, avait-il osé dire, à ce que la loi morale prévale sur la loi légale", phrase prononcée en s'appuyant rigoureusement sur la constitution républicaine moderne des années 2000. Où donc le pape Benoît voit bien, dans ce positionnement politique officiel de Chirac, qui s'appuyait strictement sur le fondement constitutionnel athée de la République française v. 5. 0., "des développements" que le pape illuminé sous-entend comme estompant dans la société moderne du XXème siècle l'antinomie de principe entre l'homme qui se fait Dieu et le Dieu qui s'est fait homme (= "Entre temps, toutefois, l'époque moderne avait elle aussi connu des développements") ? Il est trop clair que ce "développement" qui soi-disant estomperait l'antinomie de principe entre la société moderne et la Religion n'existe que dans la tête de nos modernistes illusionnés de leur illuminisme. Entre le Jacques Chirac de l'an 2000 et les pires révolutionnaires du Directoire de 1798 par exemple, il n'existe aucune différence de principe fondamental sur le plan constitutionnel, aucune amélioration, aucune conversion du principe révolutionnaire athée qui fonde les sociétés modernes non seulement révolutionnaires mais post-révolutionnaires jusqu'à nos jours.

        De même, c'est s'inventer par la méthode Coué (je veux, donc ça existe), une soi-disant conversion du principe constitutionnel moderne des sociétés post-révolutionnaires, que de voir la sociétés américaine différente des sociétés politiques issues de la Révolution française : il n'y a aucune différence constitutionnelle entre l'une et les autres sur le principe essentiel qui les coupe de Dieu, à savoir de poser leur fondement politique en autonomie complète par rapport à Dieu et sur "les droits de l'homme" révolutionnaires. Il est complètement faux et mensonger de dire que "le modèle d'État moderne [américain] est différent de celui théorisé par les tendances radicales apparues dans la seconde phase de la Révolution française". Dans le principe constitutionnel de ce qui le fonde, le modèle américain est exactement lui aussi basé sur "les droits de l'homme" franc-maçonniques, identiquement aux sociétés politiques de la Révolution française. Et c'est là, précisément, que réside l'antinomie formelle irréductible entre la société moderne fille de la Révolution, et l'Église et son Christ.

        Mais, lancé comme par un tremplin sur son nuage d'illusion, le pape Benoît veut s'imaginer que dès lors, l'entente théologique entre la société moderne et l'Église devient... possible : "Ainsi, les deux parties commençaient progressivement à s'ouvrir l'une à l'autre. Dans la période entre les deux guerres mondiales et plus encore après la Seconde Guerre mondiale, des hommes d'État catholiques avaient démontré qu'il peut exister un État moderne laïc, qui toutefois, n'est pas neutre en ce qui concerne les valeurs, mais qui vit en puisant aux grandes sources éthiques ouvertes par le christianisme".

        Tout est archi-faux dans cette présentation illuminée honteusement mensongère des choses politiques modernes. Pour en rester à l'essentiel : il est impossible de supposer un État moderne laïc, c'est-à-dire dont le fondement constitutionnel ne se base pas explicitement sur Dieu et son Christ mais au contraire sur "les droits de l'homme" athées, qui serait valide et légitime aux yeux de Dieu et des catholiques. Un tel État laïc N'EXISTE TOUT SIMPLEMENT PAS, métaphysiquement, s'il fait abstraction dans sa constitution, et c'est malheureusement le cas de toutes les démocraties modernes post-révolutionnaires, du fondement divin pour originer son pouvoir politique parmi les enfants des hommes. C'est une condition sine qua non de sa validité et de sa légitimité. Et il ne sert de rien de prétendre, comme le fait le pape Benoît, que cet État moderne constitutionnellement laïc ne s'en nourrit (soi-disant) pas moins de valeurs chrétiennes ou d'inspiration chrétienne, car ce n'est pas cela qui peut le rendre valide et légitime aux Yeux de Dieu et secondairement aux yeux des catholiques, si par ailleurs sa constitution n'est pas explicitement fondée sur Dieu et son Christ.

        Nous sommes là en pleine hypocrisie, en vérité : comment un pouvoir politique laïc qui constitutionnellement est antichrist comme étant basé sur "les droits de l'homme" révolutionnaires, pourrait-il bien s'inspirer véritablement de l'esprit chrétien ? Un mauvais arbre peut-il porter du bon fruit ? Jésus répond NON dans l'Évangile. On se moque du monde que de le dire, Benoît XVI se moque de lui-même et de ceux qui l'écoutent, que de le croire. Mais le fond de la question, c'est que le pape Benoît nous propose là, avec tous les modernistes, la gnose d'une nouvelle société chrétienne-laïque, que Jean-Paul II théorisera dans sa "civilisation de l'amour", pour ne plus vouloir vivre dans la société promue par le Christ et sa Religion, c'est-à-dire une société chrétienne-sacrale, qu'ils considèrent comme étant prétendument "du passé". Nos papes modernes souscrivent en effet tout-à-fait au révolutionnaire "du passé, faisons table rase" !

        Et... ce n'est pas d'hier, du côté pontifical suprême. Le premier pape moderne à adopter cette attitude face à "l'époque moderne", c'est celui qui vient immédiatement après la Révolution, c'est-à-dire... Pie VII ! Qu'osera-t-il dire dans le concordat napoléonien ? Il osera parler des sociétés chrétiennes-sacrales d'Ancien-Régime comme étant les anciennes sociétés, lesquelles, selon lui, étaient validement et légitimement remplacées par l'Ordre nouveau révolutionnaire de sociétés politiques désormais toutes... constitutionnellement athées, comme l'était éminemment certes la République française de Napoléon avec laquelle il avait hérétiquement accepté de passer concordat (car tout concordat étant de structure juridique synallagmatique, présuppose formellement validité de toutes et chacune des parties co-contractantes à l'acte concordataire ; mais réputer valide une société politique constitutionnellement athée, par le seul et simple fait de l'accepter comme partenaire concordataire, c'est être hérétique). C'est en toutes lettres, dans l'art. 16 du concordat napoléonien, ainsi rédigé : "Sa Sainteté reconnaît, dans le premier Consul de la République française, les mêmes droits et prérogatives dont jouissait près d'elle l'ancien gouvernement".

        Dans son Discours, le pape Benoît nous dit aussi que Pie IX avait condamné l'esprit athée des sociétés politiques révolutionnaires. Ce n'est pas exactement vrai, c'est même plus faux que vrai. Certes, le pape Pie IX condamnait cet esprit athée au niveau de la Foi dans de belles et vibrantes encycliques dénonçant l'indifférentisme religieux au for public, etc., mais, très-contradictoirement, suivant en cela la déviance gravissime du pape Pie VII, il se soumettait au niveau des Mœurs à cet esprit athée de l'homme moderne, en réputant valides et légitimes les sociétés politiques modernes qui se nourrissaient constitutionnellement de cet esprit athée, rien qu'en passant des concordats avec elles. En fait, la gravissime déviance qui a éclaté comme fruit pourri à Vatican II est déjà présente dans l'Église au niveau des Mœurs dès le début du XIXème siècle, dès l'immédiat sortir de la Révolution, par la pratique concordataire pontificale-ecclésiale avec des États constitutionnellement athées. Et tout le mal vient de là.

        Mais continuons notre historique de l'abomination de la désolation dans le Lieu-Saint, toujours en suivant le pénible Discours de Benoît XVI à la Noël 2005. Une fois très-faussement admis que les principes constitutionnels des sociétés modernes ne sont plus antinomiquement incompatibles avec Dieu et la Religion, le pape Benoît se dessine dans les nuées enfumées le programme de Vatican II, le faisant consister en un "cercle de questions (...) qui attendaient une réponse ; il fallait définir de façon nouvelle le rapport entre Église et État moderne, qui accordait une place aux citoyens de diverses religions et idéologies, se comportant envers ces religions de façon impartiale et assumant simplement la responsabilité d'une coexistence ordonnée et tolérante entre les citoyens et de leur liberté d'exercer leur religion".

        S'étant follement imaginé que les pouvoirs politiques après la seconde guerre mondiale sont émasculés du virus athée radical des débuts révolutionnaires, ce qui, on l'a vu, est constitutionnellement parfaitement faux, alors, Benoît XVI ne se retient plus de vouloir frayer avec eux (pardon : j'allais écrire copuler), et d'épouser leurs mœurs pourtant absolument dérivées de l'athéisme constitutionnel originel qu'ils professent. Ce qui revient concrètement à prostituer la Foi à l'athéisme de l'époque moderne, en appelant mal ce qui est bien et bien ce qui est mal. Il est profondément triste de constater que notre pape Benoît ne répugne aucunement de le faire. Il n'est pas du tout gêné, comme si c'était chose parfaitement orthodoxe, de nous dépeindre l'État moderne comme "accordant une place aux citoyens de diverses religions et idéologies, se comportant envers ces religions de façon impartiale et assumant simplement la responsabilité d'une coexistence ordonnée et tolérante entre les citoyens et de leur liberté d'exercer leur religion". Cette situation est pourtant le descriptif très-exact du titre qu'avait donné Mgr Lefebvre à son dernier livre : "ILS L'ONT DÉCOURONNÉ ", ils ont découronné le Christ-Roy. Loin qu'elle manifeste une sorte de conversion des États modernes ayant rejeté l'athéisme radical originel de leur constitution, cette situation illustre au contraire formidablement bien cedit athéisme mis en pratique dans le for public, qui est une abomination de la désolation dans le Lieu-Saint aux Yeux de Dieu et aux yeux des catholiques vrais et véritables, comme je m'honore de l'être et de le rester, par pure grâce et miséricorde de Dieu. Toutes les religions ont égale valeur et la seule chose qui est au-dessus d'elles toutes et chacune, ce n'est pas le vrai Dieu, c'est... la coexistence humaine pacifique entre elles dont la garde suprême est mise dans les mains, non pas de l'Église, ... qu'alliez-vous penser, malheureux ?, mais de l'État... constitutionnellement athée. Nous sommes là en plein dans la mystique de la Tour de Babel. C'est exactement cette doctrine très-perverse condamnée et anathématisée identiquement par Pie IX, qui sera mise en décret magistériel dans Dignitatis Humanae Personae, le document vaticandeux sur la Liberté religieuse, promulgué le 7 décembre 1965, veille de la clôture du concile. Voyez plutôt :

        "En outre, comme la société civile a le droit de se protéger contre les abus qui pourraient naître sous prétexte de Liberté religieuse, c’est surtout au pouvoir civil qu’il revient d’assurer cette protection ; ce qui ne doit pas se faire arbitrairement et à l’injuste faveur d’un parti [comme si on ne s’en doutait pas, de ces lapalissades-là…!], mais selon les règles juridiques, conformes à l’ordre moral objectif, qui sont requises par l’efficace sauvegarde des droits de tous les citoyens, et l’harmonisation pacifique de ces droits, et par un souci adéquat de cette authentique paix publique qui consiste dans une vie vécue en commun sur la base d’une vraie justice ainsi que par la protection due à la moralité publique" (§ 7) Ouf !! Qui ne voit, derrière cette bouillabaisse d’enflures de mots enfilés les uns cul par-dessus tête des autres, sans véritable lien logique entre eux, mais faisant office d’écran de fumée, qu’il n’y a en fait qu’un grand et affreux vide métaphysique derrière le fameux "ordre public juste" (§ 3) basé sur la Liberté religieuse dont parlent les Pères de Vatican II...? Ce soi-disant "ordre public juste" (§ 3) dérivé de la Liberté religieuse, n’est en fait pas défini par les Pères modernes et il ne pouvait pas l’être, puisque, par principe, on a convenu qu’il ne se basait pas sur Dieu ni son Christ… Alors on empile et rempile des affilongées de grands mots pour essayer de remplir le vide métaphysique et faire illusion !

        Nos illuminés modernistes ne se rendent même plus compte de la folie sociétale intégrale, fruit de leur blasphème intégral, qu'ils ont mise ainsi en route parmi les enfants des hommes. Le pape Benoît XVI, suivant les prétentions orgueilleuses des chefs des États modernes constitutionnellement athées, voudrait en effet que la paix civile entre les citoyens de diverses religions et idéologies, soit assurée et donnée par l'État, donc par l'homme et non plus par le Christ, ne comprenant nullement qu'ils se placent tous ainsi sous l'anathème de saint Paul : "Quand les hommes diront «Paix et sécurité !», subitement la catastrophe les saisira comme les douleurs qui prennent la femme qui va enfanter, et ils n’échapperont pas" (I Thess V, 3 ― c'est-à-dire que lorsque l'homme prétend se donner la paix du monde par lui-même alors qu'elle est un Don de Dieu sinon rien, il attire sur lui la sainte-Colère de Dieu). La doctrine de la Liberté religieuse prétend en effet donner la paix religieuse aux hommes non plus par Dieu et son Christ, mais par l'homme, avec l'homme, en l'homme et pour l'homme, per ipsum, et cum ipso, et in ipso, dans une pseudo-liturgie anthropocentrique sataniquement à l'envers, qui exclut radicalement Dieu...

        Mais c'est la folie du diable qu'elle fait vivre parmi les enfants des hommes, et une folie qui ne peut qu'être meurtrière et homicide, comme son père, Satan. En effet, les adeptes des fausses religions ne peuvent qu'aboutir à s'entretuer entre eux au for public, précisément en voulant vivre authentiquement et en se basant sur les fondements mêmes de leurs faux dogmes respectifs. Au for public, le droit religieux du musulman, par exemple, basé sur le coran, va jusqu'à devoir, et c'est pour lui un devoir de religion fondamental et non un abus, tuer celui qui refuse son dieu (ou plutôt démon) Allah. Par conséquent, si, comme les Pères de Vatican II ont osé le formuler dans le décret sur la Liberté religieuse, suivant en cela la conception politique droitdel'hommiste, il y a un droit formel au for public pour tous les adeptes des fausses religions de manifester concrètement leurs faux dogmes, alors, est inclus le droit pour les musulmans de tuer les hommes qui refusent Allah et leur fausse religion du diable, à leur discrétion. Nous touchons là du doigt la raison précise pour laquelle nos sociétés modernes post-révolutionnaires basées sur les "droits de l'homme", et également l'Église conciliaire qui s'est concordatairement mise à leur remorque, étant par-là véritablement devenue la grande prostituée de Babylone dénoncée et montrée du doigt par saint Jean dans l'Apocalypse, n'ont aucune réponse à faire face au terrorisme musulman. D'autre part, ce prétendu "droit" religieux du musulman au for public va, par exemple, s'opposer du tout au tout à celui du bouddhiste pour lequel la non-violence indifférentiste doit être la règle de tous les hommes au for public. Etc., etc. !

        Et c'est absolument en vain qu'on prétend pallier à ces contradictions insolubles entre deux "droits religieux de l'homme" différents d'adeptes de religions différentes, en formulant que le droit à la Liberté religieuse s'arrête là où commencent les exigences de la paix publique, du bien commun, de l'ordre sociétal juste, "conforme à l'ordre moral objectif" (Dignitatis Humanae Personae, § 7). Car à partir du moment où l'on retire le Droit de Dieu de la vie publique des hommes, mais sur quels critères va-t-on bien pouvoir fonder authentiquement un "ordre moral OBJECTIF" ? L'ordre moral objectif s'évanouit de la vie des hommes à proportion même où Dieu en est exclu... précisément parce que DIEU SEUL est objectif, les humains ne sont, eux, que subjectifs. Prétendre donc invoquer un "ordre moral objectif" pour normer la mise en oeuvre de la Liberté religieuse alors que la Liberté religieuse évacue dans son principe doctrinal même le fondement de l'objectif qui est Dieu, est poser les choses dans la folie totale et vouloir vivre en contradictoire infernal.

        Il est évident, pour en rester à eux, que le musulman et le bouddhiste n'ont pas la même conception de ce qu'est un "ordre moral objectif". Alors, sur quoi va-t-on le fonder pour générer la paix publique indispensable à la cohabitation harmonieuse de tous les croyants ? Sur le criterium musulman ?, celui bouddhiste ? Et pourquoi pas sur celui vaudou, celui écolo-coco de la Pachamama, ou celui... athée ?! Or bien, donc, "l'ordre moral objectif" dans la vie publique des hommes n'existe... que par le Droit de Dieu. Dieu seul en effet est objectif. Et donc est en puissance de générer l'ordre moral objectif recherché. Mais puisque, par principe rebelle, la conception révolutionnaire droitdel'hommiste refuse le Droit de Dieu, conception abominablement canonisée par les Pères de Vatican II dans le décret sur la Liberté religieuse, alors, on s'interdit par-là même de tracer les règles d'un ordre sociétal juste, et donc il n'y a plus aucun moyen de faire cohabiter dans la paix publique véritable les adeptes des différentes religions. Sauf à les faire vivre ensemble artificiellement dans l'écorce démocratique et zombie de leur être, dans une pseudo-convivialité Big Brother qui n'est, pardon, qu'une vivialité entre les cons, aux antipodes même de toute dignité humaine, dignité, qu'on a pourtant brandi sataniquement très-haut aux seules fins concrètes d'aboutir à... supprimer toute dignité humaine parmi les enfants des hommes. La conclusion n'est que trop certaine : les "droits de l'homme" athées, bénis scandaleusement par les Pères du concile moderne au niveau religieux dans la Liberté religieuse, font vraiment monter l'enfer sur la terre...

        Je viens de montrer que dans le for public, la Liberté religieuse est une abomination de la désolation dans le Lieu-Saint. Elle ne l'est pas moins pour le for privé de l'homme, et surtout pour l'enfant de l'homme soumis à la Liberté religieuse. Voyez comment, dans le § 5 de Dignitatis Humanae Personae, les Pères de Vatican II osent faire l'application aux enfants de leur exécrable doctrine : "À chaque famille, en tant que société jouissant d'un droit propre et primordial [notons déjà comme l'adjectif "primordial" est parfaitement hérétique : seul en effet le Droit de Dieu est primordial, le droit de la société familiale n'est que secondaire et dérivé de lui : nous sommes là en plein dans l'affirmation droitdel'hommiste qui veut que le droit de l'homme, ici familial, existe métaphysiquement en lui-même, sans avoir besoin d'être enté sur le Droit de Dieu], appartient le droit d'organiser librement la vie religieuse du foyer sous la direction des parents. À ceux-ci revient le droit de décider, dans la ligne de leurs propres convictions religieuses [!!!], la formation religieuse à donner à leurs enfants".

        Nous sommes là en pleine affreuse hérésie : ça n'est pas et ça ne sera JAMAIS un droit religieux pour un père musulman d'enseigner son petit Sélim ou sa petite Aïcha que Jésus n'est pas Dieu et que la Trinité divine est une exécration religieuse "pire que l'excrément et l'urine" (Coran). Ce § 5 est une abomination hérétique. À tout le plus, ce ne peut être qu'une tolérance, mais jamais un droit. Saint Thomas d'Aquin a très-bien fixé les contours de cette tolérance religieuse, en disant qu'elle n'est valable que pour les enfants de parents non-catholiques n'ayant pas encore atteint l'âge de raison (sept ans), mais une fois qu'ils ont passé l'âge de raison, donc dès qu'ils sont en âge d'être scolarisés, le Droit de Dieu de les éduquer selon la vraie et seule Religion, celle catholique, redevient primordial, par-dessus même le droit des parents sur leurs enfants (sur ce point, cf. mon exposé en finale de cet article : http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/component/joomblog/post/non-saint-thomas-d-aquin-n-est-pas-pour-la-tres-heretique-liberte-religieuse?Itemid=483). Voici l'enseignement catholique sur la question, fort bien formulé par saint Thomas d'Aquin, et... formellement rejeté par les Pères de Vatican II dans le § 5 de la Liberté religieuse, qui ose hérétiquement professer : "... À ceux-ci [aux parents] revient le droit de décider, dans la ligne de leur propre conviction religieuse, la formation religieuse à donner à leurs enfants. C'est pourquoi le pouvoir civil doit reconnaître aux parents le droit de choisir en toute réelle liberté, les écoles et autres moyens d'éducation. En outre, les droits des parents se trouvent violés lorsque les enfants sont contraints de fréquenter des cours scolaires ne répondant pas à la conviction religieuse des parents". Nous sommes là en pleine hérésie : une fois passé l'âge de raison, un SEUL ET UNIQUE droit des parents, pour l'enfant, existe par-dessus tout autre, pour son salut même : celui d'éduquer leur enfant SELON LA FOI CATHOLIQUE.

        Ce que je viens de dire, et qui pourrait encore être très-développé, souligne à quel point est moralement scandaleuse et blasphématoire l'utopie-hérésie de la Liberté religieuse qu'hélas le pape Benoît XVI n'est pas du tout remué dans le tréfonds de sa Foi, d'exposer ainsi : "Il fallait définir de façon nouvelle le rapport entre Église et État moderne, qui accordait une place aux citoyens de diverses religions et idéologies, se comportant envers ces religions de façon impartiale et assumant simplement la responsabilité d'une coexistence ordonnée et tolérante entre les citoyens et de leur liberté d'exercer leur religion".

        Mais Benoît XVI tient beaucoup à justifier son hérésie, dans son Discours. Voyez comment il s'y prend : "Il est clair que dans tous ces secteurs, dont l'ensemble forme une unique question, pouvait ressortir une certaine forme de discontinuité et que, dans un certain sens, s'était effectivement manifestée une discontinuité dans laquelle, pourtant, une fois établies les diverses distinctions entre les situations historiques concrètes et leurs exigences, il apparaissait que la continuité des principes n'était pas abandonnée - un fait qui peut échapper facilement au premier abord. C'est précisément dans cet ensemble de continuité et de discontinuité à divers niveaux que consiste la nature de la véritable réforme". Principe catholique pas abandonné dans la Liberté religieuse ? C'est vouloir appeler blanc ce qui est noir. On vient de voir, en effet, à quel point sont affreusement abandonnées, apostasiées, les règles de Foi pour l'éducation des enfants, dans le § 5 de Dignitatis Humanae Personae... pour ne parler que de cela. C'est pourquoi, ce fait "échappe facilement au premier abord"... et même, cher Benoît XVI, au second abord !!!

        Benoît XVI veut en effet connoter les discontinuités dans Vatican II, d'accidentelles, inhérentes à la contingence historique, alors qu'elles sont substantielles, comme touchant au Dogme même de la Foi. Il n'est en effet pas du tout question, dans la condamnation de Pie IX de la Liberté religieuse, qu'il a tendance, lui, à appeler Liberté de conscience mais qui sur le plan doctrinal est exactement identiquement la même chose que la Liberté religieuse, d'une doctrine qui regarderait uniquement son temps et qui n'est plus valable dans le nôtre de temps, un temps vaticandeux. La doctrine condamnée par Pie IX est exactement la même que celle qui est exaltée dans Vatican II... C'est seulement en trichant vicieusement sur les concepts que Benoît XVI veut croire que la condamnation bien connue de Pie IX ne touche seulement que l'athéisme radical des premières sociétés politiques révolutionnaires, cette condamnation touche autant la Liberté religieuse telle qu'elle est doctrinalement exposée dans le concile moderne. Ce qu'avait fort bien vu et dénoncé, rappelons-nous, Hans Küng. Car le venin mortel doctrinal de l'athéisme et de l'indifférentisme religieux révolutionnaire au for public est identiquement professé dans la Liberté religieuse de Vatican II. Benoît XVI, se contredisant lui-même, est bien obligé de l'admettre : "Le Concile Vatican II, reconnaît et fait sien à travers le Décret sur la liberté religieuse un principe essentiel de l'État moderne" ; or, cedit principe est tout simplement et tout hérétiquement l'athéisme radical au for public...

        Mais Benoît XVI s'entête dans sa pensée hérétique, et tâche de créer des distinguos illusoires pour justifier l'hérétique Liberté religieuse : "Ainsi, par exemple, si  la liberté de religion est considérée comme une expression de l'incapacité de l'homme à trouver la vérité, et par conséquent, devient une exaltation du relativisme alors, de nécessité sociale et historique, celle-ci est élevée de façon impropre au niveau métaphysique et elle est ainsi privée de son véritable sens, avec pour conséquence de ne pas pouvoir être acceptée par celui qui croit que l'homme est capable de connaître la vérité de Dieu, et, sur la base de la dignité intérieure de la vérité, est lié à cette connaissance. Il est, en revanche, totalement différent de considérer la liberté de religion comme  une  nécessité  découlant  de  la coexistence humaine, et même comme une conséquence intrinsèque de la vérité qui ne peut être imposée de l'extérieur, mais qui doit être adoptée par l'homme uniquement à travers le processus de la conviction".

        Le moderniste possède l'art de créer des dialectiques d'oppositions artificielles, qui n'existent pas en réalité, de façon à présenter son hérésie comme une alternative catholique, face à une autre hérésie encore plus hérétique qu'elle. Nous sommes ici en pleine illustration de cette technique. Qu'ose soutenir là Benoît XVI, dans une langue amphigourique et sophistique bien compliquée fort significative ? Si la liberté de religion, dit-il, équivaut à croire que la vérité ne peut pas être connue par l'homme, alors elle est mauvaise, mais si la liberté de religion découle d'une nécessité sociopolitique naturelle, alors elle est bonne. Pitoyable tour de prestidigitation, en vérité ! Car, dans l'un et dans l'autre cas, on se trouve avec... la liberté de religion ! Or, c'est la liberté de religion en elle-même, de soi, ex se, qui est intrinsèquement hérétique, puisqu'elle exclue dans son principe fondamental le Règne du Christ au for public de la vie des hommes ! Strictement aucune soi-disant "nécessité découlant de la coexistence humaine", en effet, ne peut orthodoxiser son fond théologiquement intrinsèquement pervers. Puisque donc dans l'un et l'autre cas, il s'agit de l'hérétique liberté de religion, les deux cas sont l'un et l'autre aussi condamnables. Tant pis pour le ballon de baudruche dégonflé de Benoît XVI...

        Je termine ici, avec soulagement, le Discours de 2005 du pape Benoît XVI prétendant tellement faussement prouver l'orthodoxie du concile Vatican II, alors qu'il est hérétique de A à Z en passant par Lambda, non sans préciser avec grande tristesse hélas que notre pape moderne, qui a par ailleurs des côtés chrétiens tellement attachants, n'a jamais voulu conscientiser l'hétérodoxie viscérale de Vatican II durant tout son pontificat (il redit en effet quasi identiquement son Discours de 2005 dans celui qu'il tint aux curés de Rome en 2013, à l'occasion de son abdication au Trône pontifical).

        ... Que bien conclure en finale de Vatican II, et singulièrement de la Liberté religieuse (cf. ma réfutation complète de la Liberté religieuse, au lien suivant : http://www.eglise-la-crise.fr/index.php/refutation-de-la-these-des-rallies) ?

        Dans la parabole évangélique du riche damné en enfer et de Lazare sauvé au Ciel, il y a un abîme infranchissable entre le damné et le sauvé, que souligne Abraham invoqué par le riche damné. Or, il y a ce même abîme infranchissable entre la société moderne post-révolutionnaire et une société de droit naturel adoubée par Dieu et son Christ. Il y a donc le même abîme infranchissable entre Vatican II et le Dogme catholique, puisque le concile moderne a voulu prendre l'époque moderne en l'état, avec son péché révolutionnaire originel non-expurgé. L'erreur profonde de Benoît XVI est de ne pas (... vouloir ?) prendre conscience de la non-herméneutique de continuité de Vatican II avec le Dogme catholique, comme je le disais en titre.

        La réaction musclée de Mgr Viganò, quoique tardive et plutôt celle d'un ouvrier de la onzième heure et demi qui n'a pas porté "le poids du jour et de la chaleur" (Matth XX, 12 il a en effet vécu toute sa carrière ecclésiastique dans le giron de l'Église conciliaire sans s'être jamais démarqué de l'hérésie vaticandeuse, et ne réagit positivement, ... Dieu en bénisse son âme !, qu'à la fin de sa carrière ecclésiastique), donne certes des crises d'urticaire mentale galopantes à Sandro Magister, mais elle s'impose d'elle-même : "Ce qu’il faut faire une fois pour toutes –a-t-il enjoint [Mgr Viganò]–, c’est «de le laisser tomber ‘en bloc’ et de l’oublier» [tout le concile Vatican II]. Humainement parlant, ce serait en effet la seule chose à faire de Vatican II qui vient à un esprit catholique sain et raisonnable. Trivialement parlant, j'oserai ajouter quant à moi que quand je pense à Vatican II, irrépressiblement deux images fortes me viennent à l'esprit : une cuvette de WC + une chasse d'eau.

        Pardon pour cette réaction personnelle tirée de mon "hommerie" comme disait Montaigne, car la réalité spirituelle que manifeste le concile moderne est beaucoup plus sérieuse : Vatican II est le clouement de l'Église sur la croix de co-Rédemption. Impossible, en vérité, de "laisser tomber" ou d'"oublier" la crucifixion de l'Église une fois que celle-ci est opérée, comme ça l'est à et par Vatican II. Car en fait, nous sommes dans la période apocalyptique ultime où l'Épouse du Christ, à l'instar de l'Époux des âmes, se donne en co-Rédemptrice pour le salut des âmes. L'aboutissement sera le règne de l'Antéchrist-personne faisant mourir l'Église dans son économie de salut actuelle, dite du Temps des nations et de Rome son centre, ou plutôt, pardon, l'aboutissement ultime sera le Retour du Christ en Gloire sur les Nuées du ciel, venant ressusciter son Épouse étant passé par la mort dans le règne de l'Antéchrist-personne et ayant ainsi vécu sa Passion propre et personnelle (et ne la vivant plus seulement comme dérivée de celle de son divin Époux), dans nos temps vaticandeux affreux et abominables.

        Pour conclure mon nouvel article, j'avoue que je n'ai pas du tout aimé le titre donné par Sandro Magister au sien : Leçon non-entendue de Benoît XVI. Éh, quoi ! Plaît-il ? Vraiment ? Leçon non-entendue de Benoît XVI ?? La vérité, c'est que c'est plutôt Benoît XVI qui aurait besoin, sur le caractère hérétique de Vatican II, d'entendre une leçon, une sacrée bonne leçon catholique, il aurait vraiment besoin, devant Dieu et l'Église, de revoir sa copie. Et Sandro Magister aussi, derrière lui.

        En tous cas, notre conservateur termine son article d'une manière franchement honteuse. "Aux lecteurs de se faire une opinion", conclue-t-il piteusement...! Ce qui commence par montrer, soit dit en passant, qu'il n'est pas vraiment fier ni sûr de la sienne qui veut dédouaner le concile moderne de toute hétérodoxie... comme on le comprend. Il aurait mieux valu, tout-de-même, qu'il finisse son article comme les deux Dupont/d dans Tintin & Milou : "C'est mon opinion et je la partage"...!, il aurait au moins montré qu'il croyait à son combat spirituel pour Vatican II. J'évoquais en commençant ces lignes la force de libération dans l'âme fidèle que procure la vérité intègre et intégrale qui n'est autre que la Personne de Jésus-Christ Lui-même vivant dans nos âmes chrétiennes. Cette vérité intègre et intégrale n'a rien à voir avec l'opinion humaine que chacun peut se forger selon sa petite comprenette perso très-limitée ou pire, selon les droits cartésiens de l'homme révolutionnaire. Il est fichtrement étrange qu'un catholique donnât le dernier mot à l'opinion humaine basée peu ou prou sur "les droits de l'homme", c'est terminer un "billet du jour" à l'usage des catholiques par une conclusion digne d'un... révolutionnaire. Sandro Magister veut-il nous dire par-là que le fond d'artichaut de l'âme des conservateurs serait en fait d'être... révolutionnaire ?!? Corruptio optimi pessima. La corruption du meilleur est la pire, disaient les anciens...

        Mais je préfère terminer sur une note d'humour...

        À propos du concile Vatican II et singulièrement de la Liberté religieuse, je trouve qu'Astérix & Obélix avaient raison :

        "ILS SONT FOUS, CES ROMAINS" !

Ce 8 Juillet 2020,

Vincent Morlier,

Écrivain catholique.

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08 juillet 2020, 14:51
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